BONDOUKOU, au surlendemain d’une journée à haut risque

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Le ministre Kouassi Adjoumani veut se risquer à une « acrobatie » dangereuse. En réponse au revers inattendu que lui a infligé la jeunesse de Bondoukou – celle-là même qui l’a « fait » –, son équipe s’hasarde sur la « pente glissante » de l’amalgame ethnique.

Hier mardi, elle a eu une rencontre avec les imams de Bondoukou et certains chefs de villages acquis à la cause de Kobenan Kouassi Adjoumani, député et président du Conseil général de Tanda. L’objet étant le rejet par les jeunes, dimanche dernier, de sa candidature à l’élection du Conseil régional dans le Gontougo.

Cette équipe, conduite par le chef de la province « Foumassa », s’est rendue chez le grand Imam. Pour que celui-ci fasse une « fatwa » (maudire par les versets du Coran) contre les militants du RHDP qui ont chassé le ministre. Entouré des propriétaires et chefs de quartiers de Bondoukou, le guide religieux a réservé sa réponse pour ce jour mercredi.

Pour mémoire, ce chef du Foumassa a été chassé à Sapli par ses propres sujets. Depuis lors, il est réfugié dans la ville aux 1 000 mosquées. Un vieil homme qui aurait pu, par sa sagesse, rapprocher les positions. Au lieu de cela, il appelle à « maudire » ceux qui ne soutiennent pas son candidat (Kouassi Adjoumani).

A titre d’information, c’est ce chef foumassa qui avait été commis par le ministre lui-même pour annoncer sa candidature aux régionales. Pour convaincre, il avait surpris plus d’un en annonçant qu’il faut soutenir monsieur Adjoumani parce que celui-ci lui « donne » toujours du « poisson ».

Selon un haut cadre du PDCI, Adjoumani et sa suite accusent les jeunes malinkés (dioula) de l’empêcher parce qu’il serait abron. « Propos incongru », rétorquent des habitants. Qui soutiennent que dans le District du Zanzan, la notion d’ethnie n’a jamais existé. Si bien que quelqu’un peut s’appeler Ouattara Kouassi ou Kouman Amed sans forcément être dioula. Depuis toujours, les différents peuples du Zanzan vivent en parfaite harmonie dans ces « confusions » de noms.

Quant aux jeunes qui ne souhaitent pas la candidature du député de Tanda, rien ne permet de leur coller une étiquette ethnique. Leur soutien à Babacauh Koffi, un Koulango, est la preuve des « incongruités » avancées par l’équipe du ministre des Ressources animales et halieutiques. En liant l’opposition de la jeunesse à une affaire d’ethnie, Kouassi Adjoumani se révèle aux populations du Gontougo non comme un rassembleur, mais un diviseur. Il veut sacrifier l’unité des populations de la région sur l’autel de ses ambitions politiques personnelles.

Le président du Conseil général de Tanda est coutumier du fait. En présence du chef de l’Etat dans cette ville, fin novembre dernier, il a fait dire publiquement qu’il voudrait que le département de Tanda soit érigé en région. En clair, monsieur Adjoumani souhaite amputer le Gontougo d’une part de lui-même. « C’est incompréhensible qu’il veuille aujourd’hui être président du Conseil régional de Gontougo », affirme un membre influent du PDCI.

Ce dernier a exprimé le souhait que la présidence du parti sexagénaire appelle Kobenan Kouassi Adjoumani à la raison. Vu qu’il veut saper l’union, l’harmonie et le vivre-ensemble à Bondoukou, « il serait sage qu’il ne soit pas candidat », selon Kouassi Kossonou. Beaucoup d’autres personnes interrogées ont abondé dans le même sens.

Nos tentatives pour entrer en contact avec le ministre ont été des échecs.

Ange Kouman

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