Echauffourées de Bondoukou : « Beaucoup de morts évités dans le Gontougo », selon Kouakou Yéboua Alexandre

Kouakou Yéboua Alexandre de Taoudi, président du collectif des secrétaires généraux de sections PDCI du département de Bondoukou, se prononce sur le choix du ministre Kouassi Adjoumani pour conduire la liste PDCI à l’élection du Conseil régional du Gontougo.

Qu’est-ce qui s’est passé à Bondoukou, le dimanche 16 novembre dernier ?

Les secrétaires généraux de sections ont été invités à participer, le dimanche 16 novembre, à la maison du PDCI de Bondoukou, à une assemblée générale pour choisir le candidat dudit parti à l’élection du Conseil régional du Gontougo. Les secrétaires de sections étaient là-bas, lorsque des jeunes surexcités sont venus les menacer avant de les disperser. Vu l’insécurité dans le lieu, le doyen des délégués PDCI du Gontougo, Koffi Comoé, a décidé que la réunion ne pouvait pas se tenir dans cet endroit. Raison pour laquelle nous sommes allés à la résidence du délégué Honoré Kossonou. Sur les 9 délégués départementaux et communaux que compte la région du Gontougo, 8 étaient présents. Ainsi que tous les secrétaires généraux de sections venus de tous les villages. Le doyen Koffi Comoé a présenté à l’assemblée les 2 candidatures qu’il a reçues. Celles du ministre Kobenan Kouassi Adjoumani et du délégué Kossonou Honoré. Celui-ci a désisté au profit du ministre. Par cet acte, il souhaite, selon lui, l’unité des militants du PDCI. Mieux, éviter à nouveau les erreurs du passé dont les conséquences ont été désastreuses pour le parti, en 2000. Séance tenante, il a estimé que le ministre Adjoumani est le candidat qui peut faire triompher le PDCI à ces élections. Un seul délégué était absent. Il s’agit de Babacauh Koffi Dongo. Tous ont choisi le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani pour être le candidat officiel du PDCI à l’élection du Conseil régional du Gontougo.

Les militants du PDCI étaient à la maison du parti lorsque des manifestants sont venus les disperser. Connaissez-vous d’où ils sont venus ?

Je n’ai pas eu accès à la salle. Ils m’ont empêché lorsque je suis arrivé. J’ai 2 secrétaires de sections qui étaient dans la salle. Nous ne savons pas qui les a envoyés. Seulement, ils disaient « on veut Babacauh, on veut Babacauh ».

Vous êtes de la délégation de Babacauh, absent à la rencontre. Pourquoi avez-vous porté, tout comme les autres secrétaires généraux de sections, votre choix sur le candidat Kobenan Kouassi Adjoumani ?

Nous avons choisi le ministre Adjoumani parce que nous pensons que c’est le cheval sûr sur lequel nous pouvons compter et remporter ces élections. Tout le monde sait ce qu’il fait pour le développement de la région du Gontougo et pour le rayonnement du PDCI. Tous étaient d’accord pour le choix de sa candidature. Même son adversaire a désisté pour lui.

Vous êtes secrétaire de section de la délégation du professeur Babacauh. Connaissez-vous les raisons pour lesquelles il n’a pas déposé son dossier de candidature ?

Cela fait 3 ou 4 ans qu’il est venu me solliciter pour le soutenir. On ne parlait pas encore de Conseil régional, mais de Conseil général. Je lui ai signifié que je suis avec le jeune Honoré Kossonou, qui a été le candidat malheureux lors des Conseils généraux à Bondoukou, à cause de notre désunion. Donc, je ne pouvais pas le soutenir. Depuis ce jour, il ne m’appelle plus à ses rencontres. Je ne sais pas pourquoi il n’a pas déposé son dossier de candidature.

Est-il informé que la réunion devait se tenir, ce jour-là, pour choisir le candidat qui représentera le PDCI à l’élection régional dans le Gontougo ?

Tout le monde a été convoqué à cette réunion par voie de presse, comme cela se fait d’habitude, par le doyen d’âge des délégués, non candidat, Koffi Comoé. Si Babacauh avait déposé son dossier, il allait savoir que la réunion se tenait. Il a fait un point de presse la nuit, au siège du parti, à Bondoukou, pour dire qu’il se reconnaît dans les agissements des jeunes qui ont empêché la tenue de la réunion à la maison du PDCI. Peut-on mobiliser et conditionner des jeunes pour empêcher la tenue d’une telle rencontre si l’on ne sait que la réunion devait se tenir ? Babacauh lui-même avait convoqué ses secrétaires de sections  ce jour-là. J’ai même vu plusieurs d’entre eux. Moi-même je suis de sa délégation. S’il ne savait pas qu’il y avait une réunion, il n’allait pas faire venir ici, à Bondoukou, les secrétaires de sections de sa délégation.

Comptez-vous prendre des sanctions contre le professeur Babacauh, au regard de tout ce qui s’est passé, surtout qu’il a reconnu officiellement, lors d’un point de presse dans la soirée à la maison du parti, qu’il actionnait ces malheureux événements ?

C’est la direction du parti qui doit prendre des sanctions. Parce que c’est de là-bas qu’il a été nommé délégué départemental.

Dimanche, lors de son point de presse, Babacauh Koffi Dongo a dit avoir déposé son récépissé de dépôt de candidature à la direction du parti. Il a dit que votre réunion n’a pas eu lieu. Que répondez-vous ?

Je veux lui dire que la réunion a eu lieu, et elle s’est déroulée dans les normes. Il n’y a pas eu de problèmes. La résidence où s’est tenue la réunion était pleine. La maison du parti ne pouvait pas contenir ce monde. Parce que les secrétaires généraux de sections et nos militants sont venus de partout, de toute la région du Gontougo. Nous étions tous là, sauf le délégué Babacauh qui était pourtant dans la ville, selon les informations.

Avez-vous connaissance de quelqu’un qui a empêché Babacauh Koffi de déposer son dossier de candidature ?

Je n’en sais rien. Tout le monde savait que c’est chez le doyen d’âge des délégués PDCI, Koffi Comoé de Kouassi-Datékro, qu’il fallait déposer les dossiers de candidature.

Il dit qu’il a déposé son récépissé de candidature à la direction du parti à Abidjan, au lieu de le faire chez le doyen Comoé, qui est habilité à les recevoir ?

Une réunion a été tenue à la maison du parti, à Cocody, le 11 décembre. C’est le ministre Djédjé Mady qui a conduit cette rencontre en lieu et place du Général Gaston Ouassénan Koné qui était à l’Assemblée nationale. J’étais à cette réunion. Il a été dit que tous les candidats doivent déposer leurs dossiers de candidature chez le doyen des délégués non candidat.

En tant que président du collectif des secrétaires généraux de sections de Bondoukou, quel conseil pouvez-vous donner à tout le monde pour la cohésion au sein du parti, à l’heure du choix sur le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani pour être candidat du PDCI à l’élection du Conseil régional du Gontougo ?

On a évité le pire. Nous étions plus nombreux que les jeunes venus nous attaquer. S’il y avait eu un affrontement, il allait y avoir beaucoup de morts. Comme la sagesse nous a habités, nous avons évité le pire. Le délégué Babacauh devait venir participer à la réunion. S’il avait quelque chose à dire c’était à cette occasion, au lieu d’envoyer des jeunes nous attaquer. Ce n’est pas normal. Qu’il se rattrape pendant qu’il est encore temps ! Aujourd’hui, tout le monde a choisi le ministre Adjoumani pour être notre candidat. Je demande à tous les dissidents de revenir dans la maison commune. La perte du Conseil général de Bondoukou par le PDCI, en 2002, doit nous servir de leçon. Je voudrais qu’on arrête le débat à partir d’aujourd’hui. C’est le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani qui est le candidat du PDCI. Un point, un trait.

Ossène Ouattara

Source : Le Mandat du jeudi 20 décembre 2012.

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