Vœux de nouvel an : Entre sincérité et hypocrisie

Toute fin coïncide avec un début. L’an 2012 a laissé place à 2013. Un début d’année qui sera rythmé, comme à l’accoutumé, par des vœux à l’égard de personnes considérées chères (amis, parents, enfants,…). Et si ces souhaits étaient dénués de sincérité ?

Carte de voeux (Ph.: web-computer-tours.com)

Carte de voeux (Ph.: web-computer-tours.com)

« Bonne et heureuse année ». « Que Dieu nous donne longue vie ! ». « Je vous adresse mes vœux, les meilleurs ». Ce sont-là quelques-unes des phrases qui seront prononcées ces jours. Les mêmes propos qui seront tenus par des hommes différents de race, de culture, de langue, de pensée. Et ne vivant pas tous sur le même continent. Les vœux de nouvel an s’appréhendent donc comme une coutume mondiale.

Par fidélité à la tradition, les humains formulent les mêmes souhaits à chaque début d’année. Je peux donc formuler des vœux sans qu’ils ne soient l’expression de ce que je veux. Par exemple, vouloir du mal à quelqu’un tout en maquillant mon vœu de beaux propos. Et justement, l’hypocrisie humaine s’exprime, de manière angélique, en début d’année.

L’être humain sait faire semblant. Il aime dire ce qui plaît à l’oreille, ce que l’autre veut entendre. Je peux vouloir que le diable emporte mon ennemi, en disant « que Dieu te bénisse ! ». Dans ce cas, le « je vous adresse mes vœux, les meilleurs » est une subtilité du langage. Celui à qui s’adresse le message s’en réjouira, sans doute. Pourtant mes « vœux les meilleurs » seraient qu’il lui arrive un malheur.

En plus d’être hypocrite, l’homme est égoïste. Nul n’est assez altruiste pour penser aux autres avant soi. Dire à quelqu’un « que tu gagnes beaucoup d’argent cette année ! » alors qu’on est soi-même pauvre, paraît insensé.

Bonne et heureuse année. Et après ? Quelle « bonne » action posera chaque humain pour que l’année soit « heureuse » ? Si les bonnes paroles étaient sincères, les hommes ne se livreraient pas des guerres, pire manifestation de la bestialité humaine. Où est la sincérité quand je dis à mon frère « que la paix soit sur toi » et que, sitôt dit, je lève le glaive sur lui ? Cette évidence accrédite la thèse que tout ce qui brille n’est pas de l’or. Et les propos mielleux, souvent trompeurs.

Par ailleurs, les humains n’ont pas les mêmes goûts. Les critères d’évaluation du Bien changent d’un endroit à l’autre, d’un homme à un autre. Instabilité des principaux moraux : le bon pour moi, mauvais pour l’autre. Voilà comment on offense souvent autrui en pensant bien parler. Mon vœu que Paul ait beaucoup d’enfants, une malédiction s’il n’en a pas besoin.

Les hommes se réjouissent dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Au coup de minuit, ils s’embrassent. Certains prient, remercient Dieu de leur avoir permis d’entrer dans la nouvelle année. « D’autres n’ont pas eu cette chance. Si moi j’ai eu la chance d’être en vie et d’entrer dans la nouvelle année, je dois me réjouir », dit-on. Preuve que nous marchons vers la mort à reculons. Personne ne veut vraiment mourir. Les religions dites révélées ont beau affirmer la primauté de la vie après la mort. Mais le lien qui rattache l’homme aux plaisirs terrestres semble plus solide.

Le fait d’être en vie, est-ce vraiment un avantage ? Pas si sûr. La mort est délivrance. Elle met fin aux souffrances que les humains endurent sur terre. Personne n’est revenu de chez les ancêtres pour dire qu’il veut revivre sur terre, parce que malheureux chez eux. Nous qui sommes encore vivants, inutile de nous considérer chanceux. L’idéal, partir tôt de ce monde de malheurs. Plus tôt l’homme aura quitté la terre, moins auront été ses problèmes (financiers, économiques, vestimentaires,…). Pourquoi dire « que Dieu nous donne longue vie ! » si c’est pour souffrir tout au long ? Au fond, une longue vie pour quoi faire ?

La mort vers laquelle l’on ne veut pas partir, la joie exubérante d’être en vie y conduit. Prendre le volant le 31 décembre, après avoir abondamment bu de l’alcool, conduit à la mort. Chaque année qui passe nous rapproche davantage de notre fin. La mort est le seul avenir certain.

Par naïveté, on croit en la sincérité des vœux de nouvel an. Attention ! Les artifices de l’homme n’ont pas de limite.

Ossène Ouattara

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2 commentaires pour Vœux de nouvel an : Entre sincérité et hypocrisie

  1. Sidoine dit :

    Les voeux, tu en as fait ou pas en ce début d’année ? L’idéal étant de partir tôt de ce monde de malheurs, et pourtant tu es toujours cette terre cherchant à vivre ses plaisirs et à avoir une situation meilleure. Vraiment contradictoire !!!!!

  2. Octavio dit :

    C’est la ou le fait de pr?parer les cartes de voeux ? l’avance prend tout son sens

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