BONDOUKOU : Les Nafanan de Wolokéhi sacrifient à la tradition du feu de brousse

Le feu de brousse est une institution culturelle chez les Nafanan de Bondoukou (Crédit ph.: africatime.com)

Le feu de brousse est une institution culturelle chez les Nafanan de Bondoukou (Crédit ph.: africatime.com)

5 000 hectares de plantations détruites, 19 personnes brûlées, plus de 380 cases incendiées : c’est le triste bilan des feux de brousse dans la région de Gontougo, ces dernières années. Ces chiffres ont été communiqués, le vendredi 8 février, par le Colonel Agboli N’Guessan, directeur régional des Eaux et Forêts. Il a fait cette révélation à l’occasion de la traditionnelle fête « de feu de brousse » des Nafanan de Wolokéhi, village de la commune de Bondoukou.

Le Colonel a sensibilisé les populations sur le danger que représentent les feux de brousse. Sensibilisation ayant eu pour thème danger du feu pour l’économie agricole de la région et de la société. C’est le préfet Goun Germain qui a présidé la séance. Egalement présents, Nanan Adou Bibi 2, les chefs des services de l’administration publique locale, les chefs traditionnels nafanan. « Cette fête marque la fin de l’année et le début d’une autre. Elle est une occasion pour ouvrir la chasse, élément culturel des Nafanan. Mais on ne peut continuer de faire l’apologie du feu, compte tenu des dégâts qu’il cause aux agriculteurs. La fête doit exister comme élément culturel. Cependant, le contenu doit changer. Elle doit être une occasion de sensibilisation au danger que représente le feu », a dit Sié Kobenan, chef de Wolokéhi et président du Conseil général de Bondoukou.

Pour l’histoire, les Nanfanan sont originaires de Sinematiali et descendants de Sié Djinigué. Ce dernier serait le fondateur du village de Somgbassié, devenu aujourd’hui Wolokéhi. La fête du feu de brousse est une institution culturelle chez ce peuple. Cérémonie de purification, de prière, de vœux et d’offrandes aux ancêtres. Elle se célèbre chaque année avant le début de la saison sèche. « Notre objectif, en tentant d’exhumer le passé des Nafanan, est de mettre à la disposition des peuples de Bondoukou en particulier, et de la Côte d’Ivoire en général, un instrument à caractère culturel pour leur permettre de mieux connaître ce peuple afin d’apprécier correctement son comportement dans le temps et dans l’espace », a poursuivi Sié Kobenan. La veille, tout a commencé par le jet de fagots au chef. Signe de reconnaissance et de soumission envers celui qui va communier, le lendemain, avec les ancêtres.

En ce jour sacré, chaque Nafanan, avec un animal domestique (coq, mouton, cabri,…) s’est rendu au lieu d’adoration. A chacun ses besoins et ses attentes ! La danse « tchabigo » au rythme du « yagba » exécuté par les vieilles – et la sortie du masque sacré « bêdou » au rythme des tambours et des cymbales, ont été le clou de cette cérémonie plein de mysticisme.

Rosemonde Desuza

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