DOROPO: « Echos de ma cité »

Ne dit-on pas qu’il n’y a pas de fumée sans feu! Il y a des feux qui déciment s’ils ne sont pas éteints à temps. Les laisser poursuivre leurs chemins dévastateurs, c’est être complice ou co-auteur des conséquences qui en découleront. Ne donc pas en parler ou attirer l’attention pour appeler au secours serait faire preuve de passivité coupable. C’est cela le sens de cette contribution que je veux positive et sans préjugés.

 J’ai l’impression que des personnes ont une compréhension erronée ou personnelle de la politique de façon générale, et plus particulièrement celle de la cité. Il me revient des actes ou agissements entre des frères et sœurs d’une même cité qui dépassent ma compréhension de la volonté de vivre ensemble. Au nom de la politique. Mais quelle politique!

Au début, j’ai voulu mettre cela sur le compte des rumeurs ou des propos de dénigrements, comme on en voit dans l’adversité politique. Je dis bien « adversité politique ». Mais la persistance de ces échos interpelle tous les enfants de Doropo, sans exception.

J’entends dire

Que des acteurs politiques locaux, pour régler des différends personnels, tentent de rallier la population à leur cause. Or ce ne sont que des problèmes personnels qu’ils peuvent régler, sans population interposée, pourvu qu’ils aient un peu de volonté.

J’entends dire
Que pour des intérêts parfois personnels, ils opposent les populations qui n’aspirent qu’à vivre ensemble; créant ainsi des clans qu’ils ne pourront pas maîtriser en cas de débordement ou d’excès de haine. Savent-ils que ce faisant, ce sont les efforts inlassables de nos autorités à (re) instaurer une atmosphère du vivre-ensemble qui seront mis à mal? Alors, attention.

J’entends dire

Qu’un tel a été préféré à un tel autre pour des raisons ethniques. Comme si les témoins d’un passé récent ont tous disparu.

Si ce que j’entends est vrai, je vous en supplie, arrêtons ça ! Et que les intérêts de la population que nous sommes appelés à servir prévalent. Donnons-nous les mains et les cœurs pour (ré) instaurer le bonheur et la joie de vivre ensemble qui se lisaient autrefois sur les visages des habitants.

Qui ne se souvient pas de ces jeudis (jour de marché à Doropo) où les habitants des villages environnants se joignaient à leurs frères et sœurs de Doropo pour déguster les beignets chauds de la femme lobi, le riz au gras à la couleur rouge de la femme koulango ou malinké ?
Rappelons-nous ces beaux jours où on les voyaient, main dans la main, attendre que le commerçant burkinabé déballe ses « yougou-yougou » (friperies) pour se choisir ce qui pouvait séduire la jeune fille ou le jeune homme koulango, lobi, karidioula, noumou, mossi, peuhl, mauritanien (ne), dafi, lorhon,etc…de la cité. Les boutiques ne désemplissaient pas. Oui, toutes ces ethnies cohabitaient dans cette cité, et entretenaient des relations amicales, cordiales et fraternelles.

Ce jour était parfois choisi par les chefs de familles qui contournaient le seul poste de police de la cité pour aller rendre les civilités au chef du quartier koulango ou solliciter ses conseils.
Comme s’ils s’étaient donnés rendez-vous, les adeptes de la boisson locale (le tchapalo), toutes ethnies et toutes tendances confondues, se retrouvaient au quartier « bracodi » pour savourer le bon « dolo » au rythme de la mélodie d’un chansonnier improvisé. Les soirs, les jeunes prenaient d’assaut le seul « dancing room » appelé « chez Clément », du nom du propriétaire qui, pour démontrer ses talents de danseur, qui, pour exhiber sa sape. Dans quelques jours, ce sera le marché dans un autre village: Niamoin, Kalamon, Kodo, Varalé Angaye, etc… avec la même ambiance et la même joie de se retrouver.

Les jours ordinaires, l’espace qui tenait lieu de terrain de football, ne désemplissait pas. Au moment des travaux champêtres, les paysans, à tour de rôle, et au nom d’une solidarité agissant, s’entraidaient dans les champs. On se prêtait moto et vélo. On se retrouvait tous les matins, sans distinction, pour manger le riz chaud à la sauce arachide de « NAN MOUSSOGBË », du nom de cette maman dont la cuisine est appréciée des jeunes et vieux de la cité.

MON FRÈRE, MA SŒUR DE DOROPO
Regarde comme c’était beau de vivre ensemble ! Et c’est cette belle vie communautaire que des personnes, au nom d’on ne sait quelle politique, veulent gâcher. Tu ne dois pas laisser faire ! Ne les laisse pas détruire ce précieux héritage que nous ont laissé nos parents ! Ne te laisse pas entraîner dans un combat autre que celui du développement de ta cité !

J’entends dire que ces personnes sont en quête de gloire et des honneurs. Dis-leur que:

– La gloire et les honneurs sont cousins de l’humilité;

– Il y a plus d’honneur et de gloire à unir, à rassembler et à développer qu’à détruire ou diviser.
– Il est urgent de mettre nos forces et nos intelligences ensemble pour développer Doropo, et que tu ne peux pas les rejoindre dans des querelles futiles et puériles.

MON FRÈRE, MA SOEUR DE DOROPO

Rappelle-leur ces paroles sages de ce fils et cadre de Doropo: « ce n’est pas parce qu’on est faible qu’on tend la main, c’est plutôt parce qu’on veut être plus fort » ! Autrement dit: l’union fait la force. Au lieu de l’union pour le développement, ces politiciens (parfois jeunes), veulent ressusciter ces pratiques des années 1980 qui ont fragilisé la cohésion sociale, alors que la cité est en train de se reconstruire petit à petit.

Dis à ces hommes politiques de la cité que c’est pas bon ! Que palabre n’est pas bon ! Dis-leur que le développement et le rayonnement de Doropo dépendent de leur collaboration ! Car ils en sont les premiers acteurs. C’est le développement de Doropo qu’ils t’ont promis. C’est pas palabre ils t’ont promis.

MON FRÈRE, MA SŒUR DE DOROPO
Tend la main à ton frère-voisin, sans distinction, pour construire ton village ! Car ton frère-voisin possède ce qui pourrait te manquer pour faire une belle réalisation. Ferme yeux et oreilles quand résonnent les chants et le tam-tam de la division !

Ferme portes et fenêtres de ton cœur, de ton esprit pour éviter qu’on y sème les germes de la division ! Dis à ces politiciens d’ouvrir les yeux du cœur et de la raison et faire la paix avec l’adversaire qui n’est pas un ennemi ! Au nom du bonheur de Doropo et de ses habitants.

MON FRÈRE, MA SŒUR DE DOROPO
Quand ces politiciens viendront te demander qui sont les ennemis qui « gâtent » leurs noms dans la cité, n’hésite pas !
– Conduit-les dans nos hôpitaux où les malades, couchés sur le lit, que dis-je, couché à même le sol, peinent à avoir les médicaments de première nécessité !
– Conduit-les sur nos routes impraticables en toutes saisons !
– Conduit-les dans nos écoles (celles qui ont survécues) qui manquent de tout !
Dis-leur que les ennemis qui « gâtent » leurs noms dans la cité s’appellent aussi:
– La pauvreté qui déforme le visage de vieux et jeunes.
– Le chômage qui expose la jeunesse.
– Le manque d’eau potable.
– etc…

Je sais que ces politiciens voient toutes ces difficultés; leurs vrais ennemis qui t’agressent tous les jours. Mais montre-leur ça toutefois que tu en as l’occasion ! Je sais qu’ils te diront (comme toujours) qu’ils ne peuvent pas tout faire en peu de temps. C’est peut-être vrai.

MON FRÈRE, MA SŒUR DE DOROPO
Dis-leur que le temps qu’ils prennent à se dénigrer et à vouloir opposer les populations entre elles, si ce temps là était consacré à réfléchir ensemble, à mettre ensemble les idées, à unir les forces, quelque chose de positif pouvait commencer à être fait ! Dis-leur que tu ne te laisseras plus influencer par cette fuite en avant. Et que ta confiance en eux sera désormais fonction de leurs actions en faveur du développement qu’ils ont promis.

MON FRÈRE MA SŒUR DE DOROPO

Rappelle à ces politiciens (qui font semblant de ne pas le savoir), la nécessité et l’obligation de collaborer entre eux pour le développement de notre Doropo. Si tu le fais et qu’ils continuent à ne pas se saluer, à ne pas s’adresser la parole, à s’éviter comme si l’adversaire était une peste, et à se jeter en prison, dis-leur, poliment, de ne pas en rajouter à ta souffrance en t’opposant à ton frère ou à ta sœur !

MON FRÈRE, MA SŒUR DE DOROPO
Quand tu auras fini d’interpeller les hommes politiques, n’oublie pas les cadres de ta cité. Interpelle-les sur les rôles qu’ils doivent jouer pour permettre à DOROPO d’être au rendez-vous du développement !

VIVE DOROPO DES BEAUX TEMPS !

DJANE OLLO

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4 commentaires pour DOROPO: « Echos de ma cité »

  1. Olo PALE dit :

    Ce Doropo de la concorde, de la vraie fraternité, fout le camp.Par la faute des Doropolais et des Doropolaises qui se sont laissés gagner par le virus de la division. Enfants, nous étions indifféremment fils ou filles de la femme Lobi,de la femme Koulango, de la femme Lorhon, Kardioula, Mossi,…
    Merci homo pour ce beau texte.

  2. Merci,cher grand-frère Djané Ollo,ce texte est très riche et esthétique.Mais ces belle paroles ne pourront rien changer dans cette dégradation de la cohésion sociale dans nos régions.Les politiciens sont forts aujourd’hui parce que vous cadres avez démissionné,avez oublié que vous venez d’un milieu pauvre et qu’il y a encore des pauvres qui ont besoin de vos soutiens. Une fois que vous avez eu une réussite sociale et financière vous ne pensé qu’a vos femmes et vos enfants.Je t’apprend qu’il y a des brillants bacheliers de Doropo qui n’ont pas pu continuer leur études parce qu’il n’ont aucun soutient,aucun parent ,même pas un tuteurs à Abidjan pour continuer les études.Souvenez-vous que vous avez été chez des tuteur avant d’être ce que vous êtes aujourd’hui. Si vous aimez vraiment Doropo comme vous le dite posez des actions de développement ainsi les politiciens ne pourront plus faire de victime.Je sais pas si vous en faite déjà mais si c’est le cas faite encore plus et invitez vos autres amis cadres de Doropo à soutenir les parents au village.

    • DJANE dit :

      Merci, petit frère Tontoli. Votre contribution est exactement ce que j’ai souhaité dans la dernière phrase de mon texte en disant: « quand tu auras fini avec les politiciens, n’oublies pas les cadres de ta cité ». Merci d’avoir commencé. Je ne crois pas que ce que j’ai dit sois seulement de « belles paroles ». Ne soyons pas pessimistes en disant qu’elle ne « pourront rien changé ». Tu vois que ça t’a fait réagir pour dénoncer un mal qui ronge. Je suis persuadé que votre commentaire, et mon article, appelleront d’autres réactions constructives. Et c’est le développement de notre région qui en profitera. Dénoncer les obstacles au développement, est déjà louable.Si vous en faites déjà, faites en encore plus et invitez vos autres amis à le faire. Ce faisant vous aidez, à votre manière, à soutenir les parents au village. On peut exprimer son amour pour sa région de plusieurs manières.
      La responsabilité des cadres (moi-même y compris) face à la situation de la jeunesse scolarisée ou non de doropo et de la région est un sujet, qui mérite d’être traité. Je peux vous rassurer, je ne m’en déroberai pas. Des idées (des propositions) à ce sujet vous seront soumises par le biais du site « les infos du zanzan », dans l’espoir que vous et d’autres encore les compléteront pour les rendre viables.
      Toute action de développement ne peut se faire que dans un environnement plus ou moins sain. C’est pourquoi j’ai voulu d’abord interpelé les uns et les autres sur les impératifs de la cohésion sociale qui, malheureusement, s’effrite.
      Personne ne peut réussir seul; sans tuteur. Or il me semble qu’à côté des tuteurs physiques, l’union dans les actions de solidarité organisée dans la durée est la tutrice des tuteurs la plus sûre et la plus durable.
      Sans minimiser la portée des actions de solidarité et de développement individuelles, je reste convaincu que celles qui sont collectives et organisées dans un cadre pour durer dans le temps, seront plus porteuses et, c’est la grande majorité qui est dans le besoin qui en bénéficiera.
      Pour ma part, en attendant « la réussite sociale et financière » que vous semblez me prêter déjà, je continuerai de faire modestement ce que je peux pour toutes mes femmes et tous mes enfants qui ne sont autres que les femmes et les enfants de la région.
      Mais, cher frère, les actions individuelles ne peuvent être perçues, car noyées dans l’immensité des besoins. D’où la nécessité d’unir les efforts.
      .

  3. Merci encore grand-frère ,moi je suis partant pour tout action qui vise le développent de notre région,je verrai passer le message,c’est vous les grand-frère nous sommes à votre disposition et nous attendons surtout les actions.

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