Nul n’est prophète chez soi !

Les 28 finalistes avec les responsables de CNN

« Bonjour ! S’il vous plaît, je voudrais parler à Ossène ! ». Et je réponds : « C’est à lui que vous parlez, madame ! ». « Ah, super ! j’ai le plaisir d’annoncer que vous faites partie des 28 finalistes retenus cette année au concours CNN MultiChoice African Journalist Awards ». C’est en ces termes qu’en juillet dernier, la dame au bout du fil depuis Londres, en Angleterre, m’a informé de mon succès à la plus importante compétition organisée par la chaîne de télévision américaine CNN pour journalistes africains. C’est la 2ème fois que j’y participais.

Une compétition « hypersélective »

L’édition 2014 de CNN MultiChoice African Journalist Awards a enregistré 1300 candidatures provenant de 38 pays africains. Après être tous passés « au tamis », 28 candidats de 10 pays ont été retenus pour la finale. Et j’étais parmi ces « élus » pour aller à la conquête d’un des 2 prix réservés aux médias francophones. « Que votre travail soit sélectionné parmi les 1300 textes est un énorme accomplissement », m’a écrit mon interlocutrice de Londres. Ce qui m’a hissé au sommet, c’est mon article ayant pour titre BONDOUKOU : L’argent de l’anacarde divise les douaniers . Papier publié en juin 2013.

À Dar Es Salaam (Tanzanie) pour l’apothéose

Du 15 au 20 octobre, j’étais (le seul au nom de la Côte d’Ivoire) à Dar Es Salaam avec les 27 autres finalistes pour la remise des prix. Il fallait récompenser les 13 meilleur(es) des meilleur(es) du continent africain. Et parmi ces 13, choisir enfin le grand vainqueur.

Nous étions 4 francophones (Côte d’Ivoire, Sénégal, Bénin et Algérie) à disputer les 2 prix à nous réservés. Mes collègues du Bénin et d’Algérie ont été les plus heureux. Le photoreporter kényan, Joseph Mathenge, a été désigné « journaliste africain de l’année 2014″ pour son reportage photos sur l’attaque terroriste du Westgate, un centre commercial de Nairobi, en 2013. L’homme a eu un sacré courage en vivant le carnage de l’intérieur du bâtiment.

Ce que CNN et MultiChoice m’ont appris

On peut naître dans un hameau perdu dans le fin fond de la forêt ou de la savane africaine et arriver, grâce au travail, à aller où ses parents n’ont jamais mis les pieds. On peut partir de rien et, grâce à l’honnêteté, se faire connaître du monde. Voilà ce que m’ont donné CNN et MultiChoice, par-delà le diplôme et l’Ipad reçus d’eux, à la fin de mon séjour en Tanzanie. Ça fait du bien !

Il fallait oser. Et j’ai osé. Pourtant l’enquête sur la corruption dans la filière anacarde, texte qui m’a inscrit au panthéon des meilleurs journalistes africains de CNN, n’a pas été simple à mener. J’ai résisté aux pressions et aux menaces à peine voilées. J’ai surtout refusé les billets de CFA proposés par les personnes au cœur de la corruption, me demandant la suppression de l’article « compromettant » du site infoduzanzan.com. J’ai résisté à la tentation de l’argent, alors que notre média régional ne bénéficie du soutien financier de qui que ce soit. Pas même de la mairie, contrairement à la rumeur entretenue. Peut-être pour se donner « bonne conscience ». Mes amis et moi, faisons du bénévolat pour informer le monde sur ce qui se passe dans le Zanzan.

Là où des collègues auraient « sauté » sur l’argent proposé, moi j’ai opposé une « fin de non recevoir ». Résultat, je suis parti en Afrique de l’Est à l’appel de l’Excellence. J’étais au milieu de ces personnalités du monde des médias. Entre autres, des responsables de la plus grande chaîne de télévision au monde, le rédacteur en chef de France télévisions, le directeur du département de la communication et des relations extérieures de la Banque africaine de développement (BAD), le directeur de la communication du groupe Ecobank.

Une expérience qui valait la peine d’être vécue sur ce chemin rocailleux du journalisme. Métier embrassé depuis seulement 4 ans. Je suis donc jeune dans le domaine. Mais « l’audace qui permet les grandes découvertes est souvent le fruit de la jeunesse », affirme Taton. Au milieu des miens, je suis si « minuscule » qu’impossible de ne pas passer inaperçu. Ailleurs, au-delà des frontières nationales, je suis bien plus visible. Après tout, « nul n’est prophète chez soi », m’a dit l’ami.

Être toujours le meilleur…

On ne revient pas d’une aventure humaine si riche en contacts et en émotions sans prendre conscience du privilège qu’on a eu. Assumer cette reconnaissance internationale, chose difficile.

Retrouvez la suite de cet article sur infoduzanzan.com.

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